LUCIE BAYENS

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PÉtales de pomme de pin

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Ragondin

Pétales de pomme de pin, tissu, mousse, 2014.

Ragondin (détail)

Pétales de pomme de pin, tissu, mousse, 2014.

Ragondin

Pétales de pomme de pin, tissu, mousse, 2014.

Ragondin, forme brodée de pétales de pomme de pin, échelle 1, vue de l'exposition vlam n°3, 2014, Gironde. La trouée, polaire brodée de pétales de pomme de pin vernis, 400 cm x 120 cm, 2012. Vue de l'exposition IL FAUT VIVRE, 2013, Gironde. La trouée, polaire brodée de pétales de pomme de pin vernis, 400 cm x 120 cm, 2012. Vue de l'exposition Sous la tente, 2012, Bordeaux. La trouée II, polaire brodée de pétales de pomme de pin vernis, 400 cm x 120 cm, 2012. Vue de l'exposition Sous la tente, 2012, Bordeaux. « Pensée fillette » techniques mixtes, 27 x 22 cm, 2010.


« Pensée fillette » techniques mixtes, 27 x 22 cm, 2010.

Exposition collective « 3M/3P/3F » une proposition de l’artiste Christophe Massé, Boustrophédon, la machine à musique, Bordeaux, 2017.

« Jeunes filles au piano » tableau d’Auguste Renoir de 1892, période nacrée, que l’on a pu découvrir au musée d’Orsay ou à travers son image reproduite sur des boîtes de biscuits métalliques qui servaient, en seconde vie, de boîte de sucre. Ici, il s’agit d’une reproduction imprimée sur satin, l’encadrement doré est d’origine. Ce petit cadre, format 3F_ des figures_ a dû orner les murs d’un appartement populaire avant que je ne le trouve. Sous les doigts de la jeune fille blonde, que l’on imagine douce et apprivoisée, ce piano cherche à imiter la voix humaine. Il apaisera le patriarche, puis le futur époux, le soir ou le dimanche venu. Je l’ai partiellement recouvert de pétales de pomme de pin parasol vernis. L’œil recompose l’image d’Epinal. Il y a dualité entre les matières, ce n’est pas une superposition mais une recherche de symbiose. Que se cache-t-il du versant sombre de l’âme humaine derrière cette scène angélique ? Qui, en même temps, est une scène d’apprentissage. Ce végétal, cette part de nature est-elle en train de recouvrir ou de découvrir l’image ? Lève-t-elle le voile ou se propage-t-elle, en cachant ce que le sujet pourrait mieux refouler ? Le recouvrement invite-t-il la découverte ? La carapace qui morcelle l’image comme une victoire.
Une pensée pour Louise Bourgeois.


Lucie Bayens

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La queue du Ragondin pend.​ Rêver​ d’ailleurs en regardant passer les ailes de l’A380 sous le Pont de Pierre.

Le ragondin est désordre. Le ragondin est un nuisible. Il est chassé, à la campagne, sur les rives de la Dordogne, à l’aide de pièges, comme des nasses, à ceci près que le piège se referme sur le cou. L’intervention de l’homme est nécessaire. Parfois le ragondin est nerveux, agressif ; Il est plus facile pour l’homme de l’achever. D’autres ont l’habitude de la proximité humaine. Ceux-là ne s’inquiètent pas de cette comédie, ils sont passifs.
Sa chair est consommée en civet ou en pâté, il se nomme alors « lièvre des marais ». Comme le cochon, il porte un autre nom sous forme de viande. Le ragondin est herbivore, il détruit les berges. Il vient d’Amérique du Sud. Il est à Bordeaux depuis le XIXème siècle. Quand l’animal devient-il endémique ? Depuis plusieurs générations, le ragondin du Sud-Ouest s’est spécialisé, il s’est adapté à son milieu. Près de deux cent ans de mutations se sont opérées, si infimes soient-elles. Dans le Bayou, en Louisiane, on chasse le ragondin pour nourrir les alligators d’élevage.

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La trouée.

Une fresque néo rupestre composée de signes féconds et de drôles de bêtes. La vie est une faille entre deux moments : la naissance et la mort.

Matière, territoire et rencontre résiduelle.

Les pétales de pommes de pin autrement dit les pdpdp, gardent la trace de la graine qui est devenue, condition sine qua non de l’existence même de la pomme de pin, le fruit de l’amour du pin parasol et de la terre, peut-être… Ou la pdpdp garde la trace de ceux qui aurait pu être un pignon. Je les ramasse dans les parcs de la CUB, au bord du bassin d’Arcachon ou encore sur les terrasses du quartier Mériadeck de Bordeaux puis je les nettoie, vinaigre blanc, sèche, ponce, troue, vernis des deux côtés, et enfin les couds. La pièce, bien qu’elle devienne classiquement un objet, née de l’errance et de l’acte de glaner qui me permettent souvent de partager un moment d’humanité avec des curieux, SDF ou pas. Ici, la couverture est une polaire, une réduction que dis-je ? Une compression résiduelle des litrons d’eaux minérales nonchalamment descendus par nos soins et teintée "couleur caca de Mr Beuys".

Assise au coin des feux de l’amour, bien calée sur la peau du mouton, la couverture sur les genoux, je tente de passer l’hiver. La forme : J’ai tout d’abord, lâché prise en laissant la forme se composer d’elle même, en prenant simplement le parti pris de les coudre comme du sequin. Elle a choisi de nous envoyer des poissons spermadosoïdaires. Ensuite, c’est mon tour, je compose l’ensemble des motifs que les premières formes m’inspirent ainsi, la pièce se construit en deux temps : le temps accidentel puis le temps structurel. Je dessine et écrits en jouant des corolles de la matière. Combien de campeur dans les Landes ? J’ai tout à fait conscience de l’image peu noble, de la matière employée et je dois dire que cela m’excite énormément.

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