LUCIE BAYENS

Accueil >> Expositions>>IL FAUT VIVRE avec William Acin dans la chapelle St Loup à St Loubès Gironde France

 

il faut vivre

     

La trouée, polaire brodée de pétales de pomme de pin vernis, 400 cm x 120 cm, 2012. Lucie Bayens.

 

La trouée, polaire brodée de pétales de pomme de pin vernis, 400 cm x 120 cm, 2012.La trouée, polaire brodée de pétales de pomme de pin vernis, 400 cm x 120 cm, 2012. Messages, Intestin de porc, contreplaqué de bois. Dimensions variables 50/25 cm x 5/10 cm. 2010. Lucie Bayens. Easy Angel 2013 Pyrogravure sur papier, format raisin. William Acin.

 

Messages, Intestin de porc, contreplaqué de bois. Dimensions variables 50/25 cm x 5/10 cm. 2010. Lucie Bayens. IL FAUT VIVRE vue d'ensemble de l'exposition de William Acin et Lucie Bayens au prieuré de St Loubès, chapelle St Loup, Gironde, France. Il faut vivre, William Acin & Lucie Bayens, 2013.Vidéo librement inspirée d'une scène du film Mammuth de Benoît Delépine et Gustave Kervern. Waiting for death, happy days, Fabriqué en France et Chien bulgare, William Acin, pyrogravures sur papier et bois, clous sur bois, dimensions variables. Liste et Liste des courses, Lucie Bayens, pyrogravure sur os, dimensions variables. Liste, pyrogravure sur os, 5.5 x 8 cm, 2013. IL FAUT VIVRE vue d'ensemble de l'exposition de William Acin et Lucie Bayens au prieuré de St Loubès, chapelle St Loup, Gironde, France, 2013.     Inuit des Landes, installation. Peau de canard, laine, gros sel. De 2011 à 2013. Inuit des Landes, Moufle II. Peau de canard, laine, gros sel. 2012. Inuit des Landes, Boule. Peau de canard, laine, gros sel. 2013. Inuit des Landes, Bidon. Peau de canard, laine, gros sel. 2013. IL FAUT VIVRE vue d'ensemble de l'exposition de William Acin et Lucie Bayens au prieuré de St Loubès, chapelle St Loup, Gironde, France, 2013. Crédit photo : William Acin.   IL FAUT VIVRE vue d'ensemble de l'exposition de William Acin et Lucie Bayens au prieuré de St Loubès, chapelle St Loup, Gironde, France, 2013. Euroturc et Indilligence de William Acin, techniques et dimensions variables. Charnière de Lucie Bayens pyrogravure sur petit bois, dimensions variables, 2013. Charnière, bouts de bois pyrogravés, dimensions variables, 2013. Charnière, bouts de bois pyrogravés, dimensions variables, 2013. IL FAUT VIVRE vue d'ensemble de l'exposition de William Acin et Lucie Bayens au prieuré de St Loubès, chapelle St Loup, Gironde, France, 2013. IL FAUT VIVRE vue d'ensemble de l'exposition de William Acin et Lucie Bayens au prieuré de St Loubès, chapelle St Loup, Gironde, France, 2013.

 

Des vêtements cousus main et conservés au sel, un tas de bois, des maximes au mur : à première vue des objets disparates  mais qui ont en commun une certaine vulnérabilité. 
Les bois qui ont perdu leur écorce  sont ces bois flottés, roulés, lavés, essorés, par les eaux des rivières, fleuves et océan et qui ont échoué sur les plages. Arbres déchus, frottés ainsi à la vitalité des eaux,  ils semblent comme dénudés jusqu’à l’os. Formes aussi organiques que celles produites à partir des peaux ou viscères d’animaux dépecés, consommés sans doute. Epidermes qui ne sont pas sans évoquer ces cours des fermes où on élève les canards gras et où on tue encore le cochon. Des objets qui ont été tous constitués de la perte, l’altération voire la mort.

Les bois, comme des ossements sont mis en tas pour un titre féminisé : Charnièr-e  qui vient évoquer de manière qui se veut peut être distraite les horreurs de la guerre. Charnière qui est jointure, articulation pour une dérive du sens qui puisse installer un entre-deux. Le bout de bois échoué va se déplacer vers le fusil ou le pistolet brandi, substitut des petits garçons qui permet de se tirer de tous les embarras de ce monde dans lequel il faut bien grandir. Et ce parce que c’est avec la délicatesse d’une fille qui s’approprie les armes de l’enfance que  Lucie Bayens a gravé patiemment sur les morceaux de bois, des fusils d’assaut, des armes à feu, en figurines patientes comme les petits points d’un ouvrage de dame. Signes noirs, brûlures de la pyrogravure pour « faire feu de tout bois », utiliser ce qui vient, ce qui se trouve là et engager un dialogue complexe avec la vie actuelle. 

Récolter, trier, laver, sécher, traiter pour conserver, puis assembler, coudre ou tamponner d’encre des peaux pour quelques mots échangés ou pour un vêtement réinventé sont autant des gestes de l’artiste.
Les messages sont sibyllins, injonction ou affirmation répétée sur ces corps plats et minces d’enseignes aux formats et contours sensibles dont on a envie de dire qu’ils n’ont que la peau sur les os. Messages proposés comme des « os à ronger » qui ne sont pas sans évoquer du coup la consommation de la chair. A dévorer du regard entre amour et cannibalisme.

 

 

 

Les vêtements sont pour les pieds ou les mains, moufles, bottes ou chaussons, à moins qu’ils ne viennent couvrir des objets choisis.  Les peaux de canards gras épaisses, cousues de laine, constituent des carapaces souples protectrices des extrémités des corps qui ainsi couvertes seraient alors empêtrées, immobilisées par la graisse trop enveloppante, privées à la fois de la marche et du faire, en devenir objet, corps chosifiés que le sel nécessaire à la conservation achèverait de statufier.

Lucie Bayens se décrit elle-même comme une « glaneuse » : une femme qui se penche vers le sol, attentive, à l’affût, pour une récolte de ce qui oublié ou rejeté pourrait se perdre définitivement. Et d’un lieu à l’autre, elle déambule, flâne, vagabonde pour récolter et  amasser. Ce qui la rapproche aussi de la figure du « chiffonnier » :
« Tout ce que la grande cité a rejeté, tout ce qu’elle a perdu, tout ce qu’elle a dédaigné, tout ce qu’elle a brisé, il le catalogue, le collectionne. Il compulse les archives de la débauche, le capharnaüm des rebuts. Il fait un triage, un choix intelligent ; il ramasse comme on avale un trésor, les ordures qui remâchées par la divinité de l’industrie, deviendront des objets d’utilité ou de jouissance. » Robert Walser dans la Promenade. Cité par  Thierry Davila dans Errare humanum est (remarques sur quelques marcheurs du XX° siècle). Les figures de la marche.
Claire Paries.

 

 

 

 

 

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Contact : luciebayens@gmail.com