LUCIE BAYENS

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Il faut vivre. William Acin & Lucie Bayens. Vidéo. 6min 22s. 2013. https://vimeo.com/73161741

IL FAUT VIVRE

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2010, je regarde le film Mammuth de Gustave Kervern et Benoît Delépine. Je ressens une ample émotion en voyant la scène où, les deux personnages campés par Gérard Depardieu et Miss Ming, dérivent dans une piscine sur une mer calme ou un lac.

2010, je rencontre William Acin, visual artist en Gironde. Je ressens une grande émotion.

2013, à l’occasion d’une exposition éponyme commune, nous réalisons IL FAUT VIVRE, une vidéo d’art de 06 minutes 22 secondes. Caricature sociale. Dans un cadre, à la fois bucolique et désolé, un couple et son jardin. Les mêmes scènes se répètent et se succèdent avec idiotie autour d'une piscine dans les Landes du Médoc, au bout du continent. Vidéo librement inspirée d'une scène du film Mammuth de Gustave Kervern et Benoît Delépine.

Les deux artistes à l’image, portent des combinaisons de surf gâchées, cassées, trop grandes mais il n’y a pas d’eau. Deux naufragés, des pins penchés, quelques brins d’herbes éparses, une piscine préfabriquée bleue délavée, la voix forte, antique, théâtrale, intransigeante de celui qui apprend à ne rien faire et la voix frêle et perdue du guide.

On peut diviser ce film en trois parties entrecoupées de deux interludes :

1. Plan fixe, le titre Il Faut vivre apparait sur la piscine, en police sixties. Première scène. Dialogue absurde et faute de syntaxe. Répétition de la même scène plusieurs fois. Les deux personnages sont face camera, à la manière d’un soap.

2. Premier interlude : Plan serré sur le regard du vieux cheval fatigué devant une carcasse de voiture. Un cheval, deux chevaux.

3. Scène 2, la répétition s’estompe, la voix féminine aussi. Les personnages entament une réflexion sur le temps accordé au travail et à l’oisiveté qui vient se suspendre aux nuages moutonneux.

4. Second interlude : Plan fixe sur des genets en fleur livrés à la brise tandis que l’on entend des tirs d’armes de guerre résonner dans la forêt.

5. Scène 3, les personnages sont dans la piscine. Un navire de fortune pour un voyage onirique entre les pins maritimes. Les personnages réinterprètent le dialogue d’origine. Il faut vivre [sommation], parce qu’il faut vivre, il faut vivre avec tout cela, et pourtant il faut vivre, il faut bien vivre, il faut vivre bien…

Contact : luciebayens@gmail.com