LUCIE BAYENS

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pensÉe fillette

Pensée fillette

Techniques mixtes, 27 x 22 cm, 2010.

 

Exposition collective « 3M/3P/3F » une proposition de l’artiste Christophe Massé, Boustrophédon, La Machine à Musique, Bordeaux, 2017.


Lucie Bayens vit et travaille à Bordeaux.

Mon travail est pénétré par l’évocation du besogneux. Je me sers du territoire comme d’une caisse de résonance. Je glane les infamies sur les rivages, dans la nature plus ou moins apprivoisée puis, j’agence des volumes en oxymore où les mots touchent la chair. Je fais vibrer les signes et tisse des liens à l’aide de techniques vernaculaires. Je transgresse la tradition du geste, ce qui donne une certaine ambivalence formelle à mon travail. Ces objets sont des acculturations qui tendent des ponts entre sauvage et civilisé pour mieux construire, tout contre le barbare.
Selon Schopenhauer, l’art est la communication universelle d’un secret. C’est aussi, modifier le sujet et l’objet pour percer au jour le vouloir vivre. J’invite le spectateur à glaner, dans son quotidien, certains abjects d’origine animale, végétale, plastique et à m’en faire don, afin de participer activement à cette néguentropie. Il est question d’écologie et d’évoquer la juste place de l’Homme. Pour ce faire, je nourris mon travail de sciences, en particulier de sciences humaines. En m’appuyant sur les couleurs du spectre continu de la lumière et sur l’espace, je propose un paradigme à forte dimension ludique.
Les allers-retours entre les différentes techniques et matières utilisées, ainsi que les glissements sémantiques m’offrent un espace de devenir. J’ai toujours vécu au bord de l’eau. Depuis l’enfance, j’y observe la nature et les hommes, dans leur alternance de calme et de violence. L’eau et sa trajectoire occupent une place centrale dans ma pratique car «L’histoire d’un ruisseau, même de celui qui naît et se perd dans la mousse, est l’histoire de l’infini » Elisée Reclus.
« Pensée fillette » techniques mixtes, 27 x 22 cm, 2010.
« Jeunes filles au piano » tableau d’Auguste Renoir de 1892, période nacrée, que l’on a pu découvrir au musée d’Orsay ou à travers son image reproduite sur des boîtes de biscuits métalliques qui servaient, en seconde vie, de boîte de sucre. Ici, il s’agit d’une reproduction imprimée sur satin; L’encadrement doré est d’origine. Ce petit cadre, format 3F_ des figures_ a dû orner les murs d’un appartement populaire avant que je ne le trouve. Sous les doigts de la jeune fille blonde, que l’on devine douce et apprivoisée, ce piano cherche à imiter la voix humaine. Il apaisera le patriarche, puis le futur époux, le soir ou le dimanche venu. Je l’ai partiellement recouvert de pétales de pomme de pin parasol vernis. L’œil recompose la presque image d’Epinal. Il y a dualité entre les matières. Ce n’est pas une superposition mais une recherche de symbiose. Que se cache-t-il du versant sombre de l’âme humaine derrière cette scène angélique, qui, en même temps, est une scène d’apprentissage ? Ce végétal, cette part de nature est-elle en train de recouvrir ou de découvrir l’image ? Lève-t-elle le voile ou se propage-t-elle, en cachant ce que le sujet pourrait mieux refouler ? Le recouvrement invite-t-il à la découverte ? Une carapace en bois qui morcelle l’image comme une victoire.


Une pensée pour Louise Bourgeois.


Lucie Bayens

 

 

 

 

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